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  • 10 mars 2015. Proposition de référendum pour NDDL. Le communiqué de presse de Ronan Dantec

    Communiqué de presse de Ronan Dantec à la suite de la proposition de Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, d'organiser un référendum sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

    Notre-Dame-des-Landes : le débat citoyen est un impératif.

    C'est avec grand intérêt que Ronan Dantec a accueilli ce matin la proposition de Ségolène Royal qui a avancé l'idée d'organiser un référendum sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

    Cette proposition rejoint les dernières déclarations du Président de la République, ayant estimé lors du lancement de la conférence environnementale 2014 que ce genre de consultation pouvait permettre de dépasser les blocages.

    S'étant plusieurs fois prononcé en ce sens, Ronan Dantec considère que « la proposition de Ségolène Royal doit maintenant être débattue avec tous les acteurs du territoire, partisans et opposants au projet. Face au risque toujours présent d'un drame comme nous l'avons connu à Sivens, il appelle à la responsabilité collective pour ramener ce projet dans le débat public, seule solution pour créer les conditions de l'apaisement. »

    Selon Ronan Dantec, ce référendum doit remplir trois conditions :

    1. Il ne peut en aucun cas être organisé tant que les recours environnementaux ne seront pas arrivés à leurs termes. Un tel référendum ne peut servir à cautionner un passage en force contre le droit de l'environnement.

    2. Le périmètre de consultation doit correspondre aux engagements des collectivités territoriales. Cet aéroport, présenté comme étant bénéfique au Grand ouest, impactera les aéroports existants de Rennes et Angers. C'est donc bien à l'échelle des deux régions administratives (qui participent au financement) qu'il doit être organisé, le plus logique étant de le coupler aux prochaines élections régionales.

    3. Ce référendum doit être l'occasion d'un débat pluraliste éclairé par des contre-expertises sur les points toujours en débat (réalité du plan d'exposition au bruit (PEB) de Nantes-Atlantique, coût du réaménagement de l'aéroport actuel, sous-dimensionnement des travaux à NDDL...)

    Ronan Dantec propose que la Commission nationale du débat public soit chargée de garantir la qualité et la pluralité du débat.

    L'audition au Sénat du président de l'Autorité indépendante de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) le 18 février dernier (compte-rendu en pièce jointe) a encore illustré de manière très explicite ce refus de l'Etat d'accepter de répondre aux interrogations (PEB trop optimiste de la DGAC, refus d'étudier une piste modifiée de 15° à Nantes-Atlantique pour éviter le survol de la ville de Nantes...)

    Pourtant c'est ce refus de la contre-expertise sur nombre d'éléments du dossier qui alimente aujourd'hui la radicalisation, et le débat précédant cette consultation référendaire doit permettre de recréer un véritable dialogue entre les uns et les autres.

    C'est le respect de ces conditions qui permettra à un référendum de jouer pleinement son rôle, et de rendre toute décision, quelle qu'elle soit, acceptable. Il s'agit de sortir des logiques d'affrontement pour entrer dans une démarche digne d'une démocratie moderne.

     

  • 12 février 2016. #NDDL, oui au référendum mais sous conditions

    Dans l'article de l'AFP sur la proposition de François Hollande d'organiser un référendum local à propos du projet de Notre-Dame-des-Landes, Ronan Dantec rappelle son soutien au principe d'un tel référendum mais pose des conditions sur les règles partagées entre pro et anti, le calendrier, le périmètre et la finalisation les études.

    Hollande recule sur Notre-Dame-des-Landes pour séduire les écologistes

    François Hollande veut tenter de mettre fin au blocage interminable sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec l'arme risquée du référendum local, qui lui permet aussi d'obtenir l'entrée au gouvernement d'Emmanuelle Cosse, jusqu'ici patronne d'Europe Ecologie-Les Verts.

    "A un moment il faut prendre une décision, nous savons que des travaux doivent commencer au mois d'octobre, et bien d'ici le mois d'octobre je demande au gouvernement (...) d'organiser un référendum local pour que l'on sache exactement ce que veut la population", a déclaré jeudi soir le chef de l'Etat.

    "Si c'est oui et que la population veut cet aéroport, alors tout le monde devra accepter cette décision. Si c'est non, vous savez que c'est un projet porté par l'Etat, l'Etat en tirera les conséquences", a-t-il expliqué.

    M. Hollande a contesté tout "marchandage", mais le résultat est que le retour au gouvernement d'une écologiste se solde par un recul sur ce dossier enkysté depuis plus de vingt ans.

    Le projet de Notre-Dame-des-Landes, qui date des années 60 mais a été relancé à la fin des années 90, aura empoisonné le quinquennat de François Hollande. L'accord passé entre le parti socialiste et EELV en vue des législatives de 2012 incluait déjà un constat de désaccord sur la construction de l'aéroport.

    L'arrivée à Matignon de Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et farouche défenseur du projet, au nom du bruit, de la sécurité et du développement économique que ne permet pas l'actuel aéroport situé dans l'agglomération, avait remis la question sur la table.

    -"C'est plus piégeux qu'autre chose"-

    M. Hollande a d'ailleurs souligné que son ancien Premier ministre appartenait à nouveau au gouvernement au poste prestigieux de ministre des Affaires étrangères. "Vous savez combien il est attaché à cet aéroport", a-t-il rappelé, laissant entendre que tant M. Ayrault que Mme Cosse, opposante acharnée du projet, seraient désormais tenus par le résultat de la consultation.

    "J'ai toujours défendu le principe d'un référendum donc c'est une bonne nouvelle", a déclaré à l'AFP Ronan Dantec, sénateur EELV de Loire-Atlantique. Mais, a-t-il nuancé, "il y a des conditions: il faut se donner les moyens de trouver une règle du jeu commune entre les pour et les contre". Il a cité les questions du calendrier de ce référendum, de son périmètre et de la finalisation des études en cours pour que les électeurs soient parfaitement informés.

    "C'est plus piégeux qu'autre chose", a réagi Denez L'Hostis, président de France Nature Environnement, première fédération environnementale de France (3.000 assos), qui n'est "pas favorable" à un référendum local selon lui "source de manipulations".

    Conseillère régionale des Pays-de-la-Loire, Sophie Bringuy (EELV) a regretté que le président n'ait pas franchi le pas d'un "abandon" pur et simple. Pour le referendum, il faudra organiser "un débat public", "une remise à plat de toutes les informations sur ce dossier", ainsi qu'"une étude sérieuse, indépendante sur l'optimisation de (l'aéroport actuel de) Nantes-Atlantique", a-t-elle expliqué à l'AFP.

    "Il est évident que ce référendum est le prix d'un marchandage pour l'entrée des écologistes au gouvernement", a commenté le président de la région Bruno Retailleau (LR), pour qui le président "refuse de décider".

    Alors que plus personne ne s'y attendait, le gouvernement avait annoncé début février "l'engagement effectif des travaux" de construction de l'aéroport. Mais la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal s'était montrée beaucoup moins affirmative. Opposée au maintien de ce projet, elle a commandé un rapport pour évaluer les projets "alternatifs ou complémentaires" à l'aéroport.

    Le site est occupé depuis 2009 par des militants anticapitalistes qui se relaient sur cette zone d'aménagement différé (ZAD) rebaptisée "zone à défendre". Ils entendent protéger un environnement qu'ils jugent fragiles et permettre à des agriculteurs installés sur le site de poursuivre leurs activités. Le 25 janvier, une décision de justice a ordonné l'expulsion des derniers habitants historiques des lieux, y compris les agriculteurs.

    Les travaux n'ont jamais repris depuis 2012, soit un retard de déjà quatre ans pour un projet qui aurait dû être achevé en 2017.
    afp

  • 17 juin 2016. Il n'y aura jamais 9 millions de passagers à Notre-Dame-des-Landes

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    Alors que l'accord de Paris sur le Climat vient d'être ratifié, Ronan Dantec rappelle dans cette courte vidéo, à quel point le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes est une absurdité

     


    Il n'y aura jamais 9 millions de passagers à... par Climat-Cop21-R-Dantec

     

  • 17 mars 2016. Question d’Actualité au gouvernement de Ronan Dantec au Premier ministre sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

    Question d'actualité à Manuel Valls, Premier ministre, sur Notre Dame des Landes, 17 mars 2016. A une question précise, Manuel Valls répond par la provocation et l'intimidation...mais surtout pas sur le calendrier !

    (La vidéo ici)

    Monsieur le Président,

    Cette question s’adresse au Premier ministre.

    Monsieur le Premier ministre, je ne vous questionnerai pas ici sur votre décision de limiter à la Loire-Atlantique le référendum sur l’utilité du projet de Notre-Dame-des-Landes, alors que le Président de la République a évoqué, je cite, « un projet vital pour le Grand ouest ». En refusant d’associer les autres départements concernés, et ce, malgré la demande de six présidents de conseils départementaux dont certains siègent dans cet hémicycle, vous avez enlevé à cette consultation toute légitimité. Vous nous avez privés d’une démarche d’apaisement dont nous avions pourtant besoin et que j’avais personnellement beaucoup défendu, c’est Monsieur le Premier ministre, votre propre responsabilité.

    Ma question sera plus précise. Suite à la mise en demeure de la commission européenne le 17 avril 2014 sur les infractions environnementales potentielles liées au projet d’aéroport, la France a décidé de répondre par l’ajout, au SCoT de Nantes-Métropole, d’une pièce annexe assez dense – 122 pages en police 6 – versée au dossier seulement 10 jours avant la réunion du conseil du SCoT. Les acteurs du territoire auront l’occasion d’analyser et de critiquer cette pièce lors de l’enquête publique du SCoT qui se déroulera cet été. Suivra ensuite l’intégration éventuelle des remarques et 3 mois de délai légal à respecter pour les recours possibles. Cela nous mène aux environs du 1er janvier 2017. Pourtant, Monsieur le Premier ministre, vous avez annoncé que les travaux de l’aéroport pourraient commencer dès octobre 2016, après un éventuel oui lors de votre consultation rétrécie. Monsieur le Premier ministre, confirmez-vous vos propos qui reviendraient à ne tenir aucun compte de l’avis des acteurs du territoire et de l’enquête publique du SCoT, qui doit pourtant permettre de valider la réponse française à la mise en demeure européenne ?

     

  • 18 juillet 2015. Public Senat sur Notre-Dame-Des-Landes : « On ne peut pas rassembler la gauche et faire l’aéroport » selon Ronan Dantec

    Le tribunal administratif de Nantes a rejeté les 17 recours, dont celui d’Europe Ecologie-Les Verts, déposés par des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, validant ainsi les arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux du futur aéroport. « Il faut aller en appel » réagit le sénateur EELV de Loire-Atlantique, Ronan Dantec, qui dénonce une « aberration environnemental et économique ». « Il faut chercher l’apaisement sur ce dossier et revenir sur le terrain politique via un référendum » selon l’ancien adjoint de Jean-Marc Ayrault à Nantes.

    Entretien réalisé par François Vignal et consultable en ligne ici.

    Les 17 recours des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont été rejetés, autorisant le début des travaux. Quelle est votre réaction ?
    Je suis très surpris de la décision car dans un dossier précédent et similaire, celui du port autonome de Nantes sur le site de Donges, nous avions gagné en appel. Le tribunal s’était basé sur la loi sur l’eau pour dire qu’il n’y avait pas de mesures compensatoires et il avait rejeté. Il faut analyser comment le tribunal administratif a jugé, voir ses attendus. Il faut aller en appel maintenant, sauf si le gouvernement revient sur le terrain politique. La seule solution, c’est le référendum, qui est maintenant permis par la loi Macron.

    Les travaux peuvent-ils commencer malgré tout ?
    Non. Le rapport de force est tel qu’ils ne vont pas commencer.

    Il serait difficile de les commencer avant l’élection présidentielle de 2017 ?
    Je pense que oui. C’est la responsabilité du gouvernement. Le dossier reste bloqué. Je rappelle que dans l’accord politique passé entre les socialistes et les écologistes pour les municipales à Nantes, ce qui a permis de garder la ville, il y a le mot « épuisement des recours ». Donc il faut maintenant attendre l’épuisement des recours, attendre l’appel. Une fois que tout les recours seront épuisés, il y aura des élections, on sera peut-être sous un gouvernement de droite, il se passera beaucoup de choses.

    Ce dossier va continuer à empoisonner les relations entre l’exécutif et les écologistes jusqu’à la fin du quinquennat...
    Si le gouvernement considérait que le premier jugement suffit, sans attendre l’appel, ça va poser un problème pour la fin du quinquennat effectivement, et pour les élections à venir, les régionales. Mais s’il y a un accord de deuxième tour pour les régionales, ce n’est pas imaginable qu’il n’y ait pas le respect de l’épuisement des recours. Mais je ne vois pas le gouvernement se précipiter. Il faut chercher l’apaisement sur ce dossier et revenir sur le terrain politique via un référendum.

    Reste qu’en janvier, François Hollande a bien dit que si les recours étaient épuisés, l’aéroport se ferait...
    En décembre, il a aussi dit que sur les dossiers bloqués, le référendum pouvait être une solution. Le cadre politique est ouvert.

    Entre la lutte contre le bruit à Nantes ou le développement économique, rien ne justifie à vox yeux la construction de cet aéroport ?
    J’ai été vice-président en charge du bruit à Nantes Métropole et je rappelle que la gêne sonore a diminué à Nantes-Atlantique et c’est pour ça que l’Etat refuse de refaire une étude sur le bruit. Les donnés de l’Etat datent d’il y a 15 ans et il refuse de les mettre à jour. Sur l’aspect économique, l’aéroport est mieux placé là où il est. S’il est transféré plus loin du centre, il va perdre ses clients au profit du TGV. Ce dossier est une aberration et un désastre environnemental et une aberration économique.

    Alors pourquoi est-il toujours soutenu par l’exécutif ?
    Je pense aujourd’hui que les uns et les autres sont bloqués par le fait qu’ils sont allés très loin dans leurs positions. Les uns et les autres ne veulent pas se déjuger. Mais à un moment, François Hollande a besoin de rassembler la gauche. Et on ne peut pas rassembler la gauche et faire l’aéroport.

  • 18 juin 2016. Ronan Dantec à Joël Guerriau : " On ne va pas dépenser 500 millions d'euros pour une aérogare ".

    Ronan Dantec et Joël Guerriau débattront samedi 18 juin à 22h et dimanche 13 juin à 09h sur Public Sénat : On ne va pas dépenser 500 millions d'euros dans une aérogare."

    L'article sur le site de Public Sénat ci-dessous et un extrait du débat à cette page

     

    Dimanche 26 juin 2016, près d’un million de personnes inscrites sur les listes électorales de Loire-Atlantique se prononceront sur un projet qui fait débat depuis 1963 : « Etes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes ? ». C’est à cette question que les habitants devront répondre à l’occasion d’une consultation publique. Ronan Dantec, sénateur (EELV) de la Loire-Atlantique, en faveur du "non" et Joël Guerriau, sénateur (UDI-UC) de la Loire-Atlantique, partisan du projet, sont venus tous deux exposer leurs arguments dans l’émission Samedi Soir dimanche matin. Un face-à-face animé par Nora Hamadi.

    L’actuel aéroport de Nantes-Atlantique connaîtra t-il une extension ou alors un transfert sur le site de Notre-Dame-des-Landes ? La consultation publique du 26 juin prochain ne va semble-t-il pas aider à trancher cette question. Pour Joël Guerriau, sénateur (UDI-UC) de la Loire- Atlantique : « C’est une consultation, un avis, ce n’est pas une décision (…) Si on constate qu’il y a une faible participation et une faible différence entre les oui et les non, bien évidemment les uns et les autres contesteront le résultat  ». Quant à Ronan Dantec, sénateur (EELV) de la Loire-Atlantique, il affirme : « En aucun cas, cette consultation ne réglera les choses. Sauf si le non l’emporte.».

    La Loire-Atlantique a-t-elle vraiment besoin d’un nouvel aéroport ?

    Pour le nouvel aéroport, le projet global est évalué à 561 millions d’euros et comprend une surface de 1239 hectares, deux pistes et une route d’accès. « Aujourd’hui, nous avons un aéroport qui est complètement enclavé et vieillit »déclare Joël Guerriau… Les estimations qui ont été faîtes montrent que le coût d’un nouvel aéroport est inférieur à celui d’une rénovation de l’existant. Et celui qui existe aujourd’hui ne répondra jamais pleinement aux exigences qui sont celles d’un aéroport moderne avec des conditions de vols et d’atterrissage optimales ».

    Des estimations contredites par Ronan Dantec : «On est dans une situation où l’état, juge et parti, a refusé systématiquement depuis dix ans toutes études indépendantes. On est sur un projet absurde. La DGAC (direction générale de l’aviation civile) est contestée sur son estimation, y compris par les autorités indépendantes, ».

    Quant à la durée des travaux si la rénovation de l’aéroport actuel était retenue, là encore, les voix sont divergentes. « On est obligé d’arrêter l’activité pendant trois mois »souligne Joël Guerriau. « Imaginez une situation où Nantes n’a plus d’aéroport pendant ce temps». Cela semble exagéré pour Ronan Dantec : « Si on fait une réorientation de quelques degrés de la piste, on peut faire la nouvelle sans avoir besoin de fermer l’aéroport, si ce n’est peut être une semaine ou deux ».

    Autre point de désaccord, la saturation de l’aéroport, souvent relevée. Pour Joël Guerriau : « Au-delà des 14 000 passagers nous sommes en saturation. Or nous avons eu 135 jours en 2015 où nous étions au-dessus des 14 000 (…) Un aéroport ce n’est pas seulement une piste, c’est aussi tous les lieux d’accueil qui font que l’on peut traiter les personnes qui arrivent ».

    « C’est votre faute » rétorque Ronan Dantec. « Vous refusez de réaménager l’aérogare. Si aujourd’hui on a une saturation, c’est que, par aveuglement, les élus de ce territoire ont refusé d’engager les travaux. On ne va pas dépenser 500 millions d’euros pour une aérogare. On l’agrandit ».

    Cette consultation locale, une première en France n’a, rappelons-le, que valeur d'avis. L’annonce du résultat ne garantira pas la fin des hostilités entre les deux camps. De plus, le respect de la directive européenne assurant la protection des zones humides reste un autre frein à lever.

    Diffusion du documentaire « Le Tarmac est dans le pré » de Thibault Férié ainsi que l’intégralité du débat samedi 18 juin à 22h et dimanche 13 juin à 09h. Avec Ronan Dantec, sénateur (EELV) de la Loire-Atlantique et Joël Guerriau, sénateur (UDI-UC) de la Loire-Atlantique.

  • 2 novembre 2015. L'incohérence des annonces du gouvernenment sur la reprise des travaux à #NDDL s'invite au Conseil municipal de Nantes

    #NDDL #Climat. Les élus écologistes & citoyens de Nantes ne participeront pas au voeu sur le climat et au débat d’orientation budgétaire, dénonçant ainsi l'incohérence avec les annonces du gouvernement sur la reprise des travaux à NDDL.

    Le texte de l'intervention de Pascale Chiron, cheffe de file du groupe écologiste et citoyen à la mairie de Nantes.

  • 22 juillet 2016. Ma réponse à Fabrice Nicolino : à NDDL, il nous faut absolument préserver notre capacité à rassembler des cultures militantes différentes

    Cher Monsieur,
    Je ne souhaitais pas répondre à votre précédent billet mais votre écho dans Charlie ne me laisse guère le choix, tant il est chargé de violence verbale contre EELV, et en particulier à mon encontre. Je ne le souhaitais pas car répondre pourrait brouiller un autre message : l’admiration profonde que je nourris pour ceux qui maintiennent la vigueur de leurs plumes et de leurs crayons même quand ils se savent menacés. Je veux donc réaffirmer tout d’abord mon profond respect pour le courage permanent de l’équipe de Charlie.

    Mais, vous le reconnaitrez sans nul doute, il faut aussi savoir se dresser contre les postures faciles et les excommunications à la va-vite.

    Les intentions qui me sont prêtées dans cet écho au vitriol sont totalement infondées et je les déments fermement. Il y a d’ailleurs dès le départ une contradiction évidente que l’auteur, dont on a bien compris qu’il voyait tout cela de très loin, ne s’est guère embarrassé à démêler. Mais pourquoi aurais-je passé autant de temps et d’énergie avant et après le résultat de la consultation sur un aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à souligner qu’elle ne légitimait pas le projet (Libération, RTL, Télénantes le soir de la consultation, tous les médias locaux, au point d’être aussi une des têtes de turc des pro-aéroports sur les réseaux sociaux) pour, quelques jours après, arrêter la lutte pour une poignée de cacahuètes ? La question n’a pas, semble-t-il, effleuré le journaliste. Si les intentions qui me sont prêtées étaient vraies, j’aurais mieux fait, comme d’autres, de solennellement reconnaître le résultat, de dire ma tristesse et mon respect de la démocratie, et le tour était joué !

    Ce n’était pas mon choix tant ma colère reste grande sur la transformation par Manuel Valls de cette consultation en tentative de relégitimitation d’un projet indéfendable. Avancer aussi l’hypothèse, au risque d’un populisme atterrant, que je penserais d’abord à un accord électoral en Loire-Atlantique est même risible après l’échange extrêmement tendu que j’ai pu avoir en mars avec Manuel Valls au lendemain de l’annonce des modalités de la consultation (voir ici). Je vous propose, Mr Nicolino, de le visionner pour prendre la mesure de notre complicité politique ! Embarqué dans une croisade anti-EELV dont je serai curieux de connaître les ressorts, notre chroniqueur acrimonieux ne semble pas accepter un fait déjà ancien, sur le rôle des élus EELV pour porter, avec d’autres, la parole dans cette lutte, notamment au niveau national. Nous ne cherchons pas à l’accaparer, mais quand les journalistes nous appellent, nous leur répondons.

    Cela nous donne aussi comme responsabilité de bien mesurer où en sont les acteurs de terrain qui portent historiquement cette lutte, notamment les paysans et leurs syndicats, qui continuent aujourd’hui comme hier à avoir notre soutien dans les choix qu’ils font pour la suite de la mobilisation. C’est de là que semble être partie cette incompréhension, pour ne pas dire ces ragots. Oui, j’ai passé mon samedi 9 juillet à NDDL à voir nombre d’acteurs, pour discuter de la suite, et aborder avec eux, sans tabous, toutes les hypothèses, y compris pour dissiper certaines rumeurs préexistantes sur l’attitude à venir de certains acteurs. « Un certain » chroniqueur ne s’est pas, semble-t-il, senti obligé d’en faire autant ! En quinze ans et des centaines d’interventions publiques sur le dossier NDDL, vous ne trouverez donc pas de propos de ma part fragilisant ce mouvement que je trouve exceptionnel sur bien des plans, notamment sur la capacité d’expertise citoyenne qu’il a générée. J’ai affirmé au lendemain de la consultation en Loire-Atlantique (cf. interview dans Libération du 27/06/16), que le refus du gouvernement d’en faire un véritable moment démocratique se concluait sur « deux camps encore plus mobilisés ». On peut difficilement faire plus clair. J’ai effectivement vérifié lors de la journée de mobilisation du 9 juillet dernier à NDDL, en rencontrant nombre de responsables associatifs et syndicaux que cette détermination était intacte, et la manifestation début octobre permettra de le vérifier à nouveau. Je l’ai fait en évoquant toutes les hypothèses possibles, ce qui ne veut pas dire que je les faisais miennes (c’est là que votre papier tourne au procès d’intention sur fond d’anti-EELV primaire). C’est donc bien cette détermination que j’ai pu ainsi mesurer, que je rappelle à ces interlocuteurs parisiens que je rencontre forcément (j’ai quand même beaucoup ri de l’évocation du repas à l’Elysée du 11 juillet où nous étions 300 pour accueillir le président sud-africain ; selon vous, avoir ses « entrées » signifierait donc juste être membre du groupe d’amitiés France-Afrique du Sud !). Et il n’y a pas aujourd’hui de ma part de négociation d’abandon de la lutte en rase campagne, que les choses soient ici bien claires. Seuls les pro-aéroports ont intérêt à faire courir ce genre de rumeurs.

    A propos d’EELV, et ne vous en déplaise, notre action ne se limite pas aux interventions publiques. C’est d’ailleurs pour cela que je suis en colère contre cet écho peu responsable. Être brocardé par un distributeur auto-proclamé des bons et mauvais points de la lutte n’est pas d’une très grande importance, mais distiller l’idée que le mouvement se fractionne est plus fâcheux. J’en viens donc à me demander si cette lutte ne vous embête pas un peu, car ses principaux animateurs ont théorisé la complémentarité de l’action, y compris entre des militants aux cultures antagonistes. Contre tous les tenants des combats simplistes, avec les bons et les méchants, elle assume la complexité, y compris en intégrant donc, comble de l’horreur, d’affreux réformistes, des élus locaux en ménage ici et là avec d’encore plus horribles socialistes, ce qui est le comble de l’immoralité pour certains prédicateurs de la pureté des luttes !

    Il me semblait pourtant, cher Monsieur Nicolino, que nous partagions un même sentiment sur l’enjeu de cette mobilisation, qui marque l’opposition entre deux visions, celle qui intègre la finitude de la planète comme une exigence s’imposant à toute action publique, face à celle, encore dominante, où s’insérer dans la compétition libérale, y compris entre territoires, reste une priorité inéluctable des choix politiques. Ces deux lectures du monde s’entrechoquent à NDDL, mais pour autant elles ne disent pas l’uniformité des deux camps, bien au contraire. La grande force des animateurs historiques de cette lutte a ainsi toujours été de conserver cette diversité des acteurs, chacun venant avec ses propres convictions et cultures militantes... y compris celles s’inscrivant dans le champ politique du compromis. Ainsi, même si vous ne portez de toute évidence pas EELV dans votre cœur, vous ne pouvez ignorer l’importance qu’ont eu les accords municipaux PS / EELV de Nantes et de Rennes pour obtenir, au printemps 2014, l’engagement du gouvernement à attendre les résultats des recours juridiques en cours avant tous travaux, accords politiques dont le respect reste plus que jamais ma priorité sur ce dossier, champ d’intervention où je suis probablement et humblement le plus utile.

    Cette lutte est donc complexe, en tension, sujette aux rumeurs, aux mauvaises interprétations, chaque phrase mal prononcée peut donner lieu à des réactions en chaîne. Mais si nous brisons la capacité de cette lutte à marier des formes d’action d’essences différentes, voire antagonistes, alors cette mobilisation magnifique sera perdue.

    J’assume aussi très profondément mes prises de position pour une recherche de solutions. La non-violence n’est pas une posture théorique, une facilité pour s’en laver les mains si les choses dérapent ; c’est bien chercher, de là où on est, à recréer un dialogue, y compris au cœur de la tension. C’est ce que j’ai toujours fait sur ce dossier, appelant sur place à l’arrêt de l’opération César, ou définissant au conseil national de la transition écologique (CNTE) ou dans la presse (cf. Presse Océan du 27 février 2016) les conditions d’une consultation aux résultats acceptables par les uns et les autres, après que le président de la République ait annoncé, suite au drame de Sivens, que la consultation locale pouvait être une réponse pour trancher les situations de blocage. Ma colère est grande car je pense effectivement qu’une consultation bien préparée, avec les expertises indépendantes manquantes, le bon périmètre et l’égalité des moyens, aurait été une vraie démarche non violente, une vraie solution, que Manuel Valls a donc sabordée.

    Je n’ai pas à ce stade une idée de la manière d’éviter un affrontement qui pourrait être tragique, car on ne parle pas ici de risque statistique, mais de militants réels qu’on connaît, de jeunes qui peuvent être issus de nos familles. Je suis juste convaincu, dans cette période de surenchère dans les coups de menton et de retour plausible de la droite au pouvoir, que ce risque est bien réel. Il est donc de notre responsabilité de chercher à éviter tout nouveau drame sans pour autant abandonner une lutte légitime. Quitte donc à me retrouver brocardé par certains, au risque de phrases mal comprises, d’hypothèses posées et mal interprétées, je continuerai ce dialogue avec tous les acteurs...

    C’est probablement plus risqué que de se contenter de slogans de postures, ça mérite sans nul doute d’être brûlé en place publique par les gardiens de la cause, mais il faut savoir, sans honte, tenir son fil.

  • 23 février 2014. Communiqué de EELV à la suite de la manifestation du 22 février

    Violences et saccages à Nantes : Refusons la violence et le détournement d'une cause juste

    La cause de l'opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes, projet aussi inutile que nuisible, est une juste cause. Elle ne justifie en rien les destructions commises à Nantes et nous exprimons notre solidarité avec ceux qui en ont été victimes. Nous considérons particulièrement intolérable de s'en prendre aux outils du service public, alors que nous défendons comme écologistes son renforcement.

    Depuis plus de 15 ans que ce projet d'aéroport a été ressorti des cartons, les écologistes s'y opposent à l'échelle locale, régionale et nationale. Chaque jour qui passe ajoute une raison supplémentaire d'abandonner ce projet : contrainte budgétaire de plus en plus lourde pour l'État et les collectivités, protection des terres agricoles contre l'étalement urbain, lutte contre le dérèglement climatique, inventaire de biodiversité des espaces concernés...

    Lorsqu'il est apparu que des casseurs parasitaient et détournaient la manifestation de samedi 22 février, tous les responsables écologistes ont immédiatement condamné ces agissements inacceptables. Les casseurs et autres black blocks, selon les propres mots du ministre de l'Intérieur, ne se battent pas pour l'écologie ni même contre le projet d'aéroport, mais contre l'État et le capitalisme, comme leurs slogans taggués le montrent. Il y a eu d'autres manifestations de toute obédience, qui ont dérapé violemment. Là aussi, certains ont protesté contre les amalgames. Il est dommage que les condamnations soient à géométrie variable. Pour les écologistes, elles sont constantes et systématiques, quels que soient les sujets ou les organisateurs.

    Nous, écologistes, laissons les uns et les autres à leurs contradictions. Nous, écologistes, prenons nos responsabilités et disons "plus jamais ça". Nous ne voulons pas donner à ces violents l'occasion de mener leur guérilla urbaine, à Nantes ou ailleurs, nous demandons aux associations porteuses de cette lutte légitime de mener une réflexion approfondie sur les moyens d'éviter que nos mobilisations collectives ne soient détournées par des groupes radicaux.

    Europe Écologie – Les Verts continuera inlassablement son combat contre ce projet. Faute d'un abandon à brève échéance du projet par l'État – solution la plus simple pour sortir de l'ambigüité, les préconisations de la commission de dialogue et des experts scientifiques doivent être mises en œuvre ce qui n'est toujours pas le cas et rien ne doit être entrepris tant que les recours sur les derniers arrêtés n'auront pas été jugés.

    Signataires :

    • Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Écologie – Les Verts
    • Elen Debost, secrétaire régionale d'Europe Ecologie – Les Verts
    • Cécile Bir et Nicolas Martin, co-secrétaires du groupe local de Nantes d'EELV
    • Pascale Chiron, tête de liste écologiste et citoyenne à Nantes
    • Jean-Philippe Magnen, président du groupe EELV au conseil régional
    • Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique
    • François de Rugy, député de Loire-Atlantique

     

  • 27 avril 2016. Article du monde : "Conférence environnementale : le gouvernement sans ambition"

    Dans cet article de Rémi Barroux, Ronan Dantec rappelle que Notre-Dame-des-Landes décrédibilise toute l’action du gouvernement en matière écologique

    Conférence environnementale : le gouvernement sans ambition sur l’écologie

    Ils n’ont pas vécu la même rencontre. D’un côté, les associations de défense de l’environnement ont été déçues par l’absence d’annonces de la quatrième et dernière conférence environnementale du quinquennat de François Hollande, qui s’est tenue lundi 25 et mardi 26 avril. Et par le manque de perspectives pour les douze mois à venir avant la présidentielle. Elles ont aussi regretté un bilan en demi-teinte, pointant quelques avancées mais aussi de nombreuses « incertitudes » et « incohérences ».

    De l’autre, la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, le chef de l’Etat et le premier ministre ont célébré, dans leurs discours, l’œuvre écologique du gouvernement, égrenant de nombreuses mesures prises, Manuel Valls allant même jusqu’à déclarer, lors de la clôture de la conférence, mardi, être « fier d’être à la tête du gouvernement sans doute le plus écologiste qui ait jamais existé ».

    Le premier ministre, comme François Hollande, qui a ouvert lundi matin la quatrième conférence environnementale, ont joué « Hé oh l’écologie ! » – en référence au mouvement Hé oh la gauche ! lancé par Stéphane Le Foll –, insistant sur un bilan environnemental positif, en avançant notamment la carte de la COP21 et du succès de l’accord de Paris signé par 174 pays le 22 avril à New York.
    Les trois précédentes conférences environnementales

    « Pas l’heure du bilan »

    Ségolène Royal, qui recevait la conférence dans ses murs de l’hôtel de Roquelaure, a eu beau vanter l’excellent travail effectué durant deux jours par tous les acteurs de la politique environnementale, associations, syndicats, organisations professionnelles, élus et une douzaine de ministres, les représentants d’ONG, nombreux, n’ont pas caché leur déception.

    « Il n’y a pas d’engagement concret, on est déjà dans le service après-vente alors qu’il reste à organiser la politique environnementale. Il y a encore douze mois de travail pour le gouvernement le plus écologiste », a ironisé le sénateur écologiste (Loire-Atlantique) Ronan Dantec. Rejoint par Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot : « Ce n’était pas l’heure du bilan, les grands chantiers n’ont pas abouti. »

    L’annonce par le chef de l’Etat de la mise en place en France, dès 2017, d’un « prix plancher du carbone » pour la production d’électricité à base d’énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) a plutôt été bien accueillie. Mais ce dispositif qui vise à encourager la sortie du charbon, et qui devrait être intégré dans le projet de loi de finances ou la loi de finances rectificatives, doit encore être précisé. Pour le Réseau Action Climat (RAC), « le signal prix carbone a bien été présent dans les discours du gouvernement, mais la fiscalité n’a toujours pas été mise au diapason de la transition énergétique ».

    Alors que la loi de transition énergétique d’août 2015 a été maintes fois citée dans les discours de MM. Hollande et Valls comme une « grande loi du quinquennat », que les objectifs sur les énergies renouvelables ont été réaffirmés, c’est l’impression d’un « flou maintenu » qui a prévalu pour les associations : « Pas de vision globale entre énergies renouvelables, nucléaire et efficacité énergétique alors que les trois éléments doivent se combiner », ainsi que l’a souligné Lorelei Limousin (RAC).

    François Hollande a bien redit sa volonté de publier avant la fin 2016 le décret mettant fin à l’autorisation d’exploitation de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim. Il a également reprécisé que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit mettre en musique les objectifs de la loi de transition énergétique, serait « soumise à consultation d’ici au 1er juillet », pour être adoptée à l’automne. Quant à la décision finale du nombre de réacteurs à fermer, en fonction du volume de production souhaité, elle sera prise en 2019, c’est-à-dire par le prochain gouvernement.

    De fait, si la loi de transition énergétique a bien été votée, de nombreux décrets d’application manquent encore. Selon un dernier pointage effectué par le ministère de l’environnement, lundi, sur la centaine de décrets qui regroupent les 164 mesures de la loi, seulement un tiers (35 décrets) ont d’ores et déjà été publiés. Un autre tiers est étudié par le Conseil d’Etat, et le reste doit être signé par les ministres concernés ou encore en phase de consultation obligatoire ou de concertation avec les parties prenantes. La quasi-totalité des textes réglementaires de cette loi devraient être publiés dans les prochains mois, assure le ministère.

    Goût d’inachevé

    « La loi de transition énergétique ne sera mise en œuvre concrètement que quelques mois avant la fin de la présidence de François Hollande ; que de temps perdu », regrette Pascal Canfin. L’ancien ministre délégué au développement et actuel directeur du WWF France estime qu’il fallait au contraire accélérer au lendemain de la COP21. « Le premier ministre suggère la mise à l’étude d’une nouvelle loi d’orientation sur la mobilité intérieure [pour remplacer la loi d’orientation des transports intérieurs, qui date de 1982], mais on sait qu’à un an de l’élection présidentielle elle n’a aucune chance de voir le jour », déplore M. Canfin.

    Trop tard, pas assez vite, la politique environnementale du gouvernement laisse un goût d’inachevé à de nombreux conférenciers. « La qualité de l’air ne s’améliore pas, le transport routier progresse, l’utilisation des pesticides aussi, et on nous dit que le gouvernement est très écologiste », pointe Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement.
    « La qualité de l’air ne s’améliore pas, le transport routier progresse, l’utilisation des pesticides aussi, et on nous dit que le gouvernement est très écologiste »

    Tenus à l’écart de l’Elysée par la police alors qu’ils étaient invités à assister au discours de M. Hollande, certains représentants d’associations d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont satisfaits de voir que ce dossier avait été évoqué à plusieurs reprises lors de la conférence. Laurence Monnoyer-Smith, commissaire générale au développement durable et maîtresse d’œuvre de la conférence, a même évoqué « l’émotion de certaines ONG » sur cette question. Le premier ministre a, lui, rappelé qu’il y aurait une consultation le 26 juin et que le gouvernement tirerait les conclusions du résultat du scrutin. Mais pour les ONG présentes, cet aéroport va à l’encontre des objectifs de la COP21. « Notre-Dame-des-Landes décrédibilise toute l’action du gouvernement en matière écologique », résume Ronan Dantec.

    Une feuille de route regroupant les propositions de la conférence, élaborée par le gouvernement et discutée par le Conseil national de la transition écologique, sera publiée en juin. Pour achever le travail engagé plus que pour ouvrir de nouvelles perspectives.

  • 28 juin 2016. Consultation NDDL, réactions de Ronan Dantec

    Réactions de Ronan Dantec à travers son interview donnée à Coralie Schaub dans Libération : Ronan Dantec : «Deux camps encore plus mobilisés» et son intervention lors du conseil métropolitain de Nantes Métropole le 28 juin.

    Le sénateur écologiste Ronan Dantec critique les modalités d’organisation du référendum ainsi que le projet du gouvernement.

    Ronan Dantec est sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, vice-président de la commission développement durable du Sénat et conseiller municipal de Nantes. Il considère que le débat n’est pas clos et qu’il reste deux recours.Que conclure du résultat de cette consultation ?

    Trois types de territoires se sont exprimés. D’abord, les plus concernés par le sujet, qui ont plutôt voté «non» au transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, qu’il s’agisse des communes d’accueil de ce projet, mais aussi, et c’est une vraie surprise, des électeurs qui sont dans la zone de bruit de l’aéroport actuel, à Nantes.

    Ensuite, le nord du département, rural : contrairement à ce que je pensais, il ne s’est pas prononcé contre un gaspillage des terres agricoles. Les gens y ont voté «oui», comme dans tous les territoires de droite, privilégiant l’argument économique, pourtant discutable.

    Enfin, j’ajoute une troisième catégorie, même si elle n’a pu s’exprimer que dans les sondages : le Grand Ouest et la France, qui auraient voté «non» à environ 60 %. Nous voilà donc avec deux «non» et un «oui», qui sont tous légitimes. A partir de là, on fait quoi avec ça ?

    Que faire justement, puisque les partisans du «non» n’ont aucune intention de baisser les bras ?

    Il y a évidemment une colère, du fait que Manuel Valls a choisi le périmètre électoral le plus favorable au «oui» et n’a pas répondu aux demandes d’expertises indépendantes sur ce que coûterait un aménagement de l’aéroport actuel. Il a une responsabilité particulière dans le fait de cliver encore davantage la société. Je lui en veux d’avoir cassé une vraie possibilité d’en sortir avec une consultation digne de ce nom. Au lieu de cela, on se retrouve avec les deux camps encore plus mobilisés : les pro-Notre-Dame-des-Landes se sentent encore plus légitimes et les opposants ont l’impression de s’être fait flouer. Il faut désormais absolument trouver des réponses permettant d’éviter d’aller au drame. Car le risque Sivens existe, c’est évident [référence à la mort de Rémi Fraisse, tué fin 2014 par une grenade lancée par un gendarme, ndlr].

    Que préconisez-vous ?

    Il ne faut en aucun cas revenir sur ce qu’a dit François Hollande, qui a promis d’attendre que tous les recours juridiques soient épuisés avant de lancer le projet. Or il reste deux grands recours à trancher, dont un européen. Si les paysans sont expulsés et les travaux engagés avant cela, la situation deviendra critique. Ensuite, il faut aussi que l’Etat se pose la question de savoir quel projet il veut, que le gouvernement revoie sa copie pour tenir compte du fait que c’est très clivé sur le terrain, notamment à gauche. Et il faut dès aujourd’hui recréer les conditions du dialogue entre «pros» et «antis» et voir s’il y a des compromis possibles. J’y crois. J’essaie de continuer à faire le pari de l’intelligence collective pour éviter un désastre.

    Considérez-vous comme Cécile Duflot que le résultat de cette consultation est une «bataille perdue pour l’écologie» ?

    A Nantes, les gens qui sont sous les avions, y compris dans les quartiers populaires de gauche, ont voté contre le transfert. Ils ont voté «climat» plutôt que «nuisances personnelles». Cela prouve qu’il y a une gauche qui a compris les grands enjeux environnementaux et peut arbitrer contre ses petits intérêts personnels. C’est nouveau et très encourageant.

    Coralie Schaub

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    Conseil métropolitain – 28 juin 2016. D. 3 : Plan Local d'Urbanisme métropolitain – débat sur le Projet d'Aménagement et de Développement Durable

    Intervention de Ronan Dantec pour le groupe des élu(e)s écologistes et citoyens

    Madame la présidente, mes cher(e)s collègues,

    Le PLUM proposé aujourd'hui intègre, à l'échelle du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), encore 175 ha d'artificialisation de terres agricoles. Certes il y a une baisse de la consommation des terres agricoles, mais si on rajoute un projet d'aéroport, on retrouve enfin les 350 ha de la période précédente.

    Ça n'est pas soutenable. Cela veut dire que si on continue ainsi, nous n'aurons tout simplement plus d'agriculture. Il faut en prendre conscience et décider de changer de cap. (En 30 ans, plus de 210 000 ha de terres agricoles ont été consommés dans les Pays-de-la-Loire.)

    Comme je ne désespère pas du genre humain, je pense que dans les 10 ans, des coups d'arrêt seront donnés sur les mobilités très émettrices, sinon nous n'atteindrons pas les – 50 % d'émissions de gaz à effet de serre et de consommation des espaces agricoles.

    Nous devons donc changer notre vision du territoire, voir que ce sont donc nos dernières années avec ce type d'aménagements. Nous sommes peut-être en train de consommer d'un coup la totalité de nos capacités de compensation environnementale.

    Ensuite nous ne toucherons plus à aucune zone humide. Quand je lis ce matin que Bruno Retailleau voit déjà 2 ponts sur la Loire, je me dis que certains n'ont pas bien compris la situation.

    Il n'y aura plus, il ne pourra plus y avoir de projets significatifs en zone humide en Loire-Atlantique. Je regrette donc que nous ne n'ayons pas une réflexion stratégique sur la totalité de nos projets d'aménagement, à l'échelle du SCOT, y compris portuaire, plutôt que de tout jouer sur une seule case, un seul service dont nous étions, en plus déjà dotés.

    Quelques mots sur le vote de dimanche, sinon j'ai bien compris que vous seriez déçus !

    Je veux dire d'abord mon profond respect pour le vote des citoyens de Loire-Atlantique. Leur mobilisation montre une attente réelle pour une démocratie réellement participative. Je considère que le cadre qui leur a été proposé : pas d'expertise indépendante, aucun document papier, un site internet vers un document qui était complexe ; n'était pas à la hauteur de l'enjeu. Nous restons aujourd'hui très déçus sur le fait que les choix faits par le gouvernement n'ont pas permis de construire, avant le vote, une méthodologie partagée qui aurait apaisé les choses. J'ai défendu cette consultation sans être entendu sur la méthodologie.

    On ne peut pas être à la fois le porteur du projet et en même temps celui qui détermine la règle du jeu, c'est le B-A BA de la démocratie qui n'a pas été respecté.

    Je suis surpris par la modestie de Joseph Parpaillon. Tous les chiffres sont pourtant clairs. Ce sont les territoires à droite qui ont assuré le oui. Le gagnant politique qui s'est imposé sur cette élection s'appelle Bruno Retailleau comme le patron politique du département.

    Le résultat nantais est intéressant.Les 50 – 50 montrent que l'électorat de gauche est gravement divisé.

    Je reviens sur les propos de mon collègue, Philippe Seillier. Qu'est-ce que ça veut dire les bobos et les prolos ? Ce sont tous des citoyens ! Trentemoult a massivement voté contre comme certains bureaux de l'Île de Nantes situés sous les avions. C'est la preuve que certains citoyens résonnent sur les grands enjeux climatiques et pas seulement sur leur confort personnel.

    Ce vote en Loire-Atlantique dit que le nord-est du département a voté massivement pour le transfert. C'est un cri de détresse économique de sa part. Il faut faire en sorte que la richesse soit distribuée sur l'ensemble du département. Si nous prenons les communes les plus impactées par le Plan d'Exposition au Bruit, le non est majoritaire. Sur ces territoires il n'y a pas de volonté de transfert. Si on veut respecter les électeurs, on regarde donc l'intégralité des résultats et on prend en compte la totalité des messages de ce vote complexe.

    Il y a un clivage pour ou contre le transfert. Nous le savons. Dans les prochaines semaines, il va y avoir un autre clivage. Il y aura ceux qui vont essayer d'éviter un drame humain, ceux qui vont discuter et il va aussi y avoir tous les boute-feu qui diront « on y va le plus vite possible ». Le contentieux européen n'est pourtant pas réglé et sa réponse est inclue dans le Schéma de Cohérence Territoriale que nous devons adopter en janvier

    Nous sommes des élus responsables et je propose qu'on retienne la phrase de Joël Guerriau : « une démocratie est une fraternité, sinon c'est une imposture » et que nous méditions tous là-dessus.

  • 3 septembre 2013. Ronan Dantec expose les enjeux d'Ecocity, sommet mondial des villes durables, à Nantes du 25 au 27 septembre

    Président du comité d'orientation d'Ecocity, Ronan Dantec révèle les enjeux du sommet mondial des villes durables, qui se tiendra à Nantes du 25 au 27 septembre.

    Interview parue sur youphil.com, le média de toutes les solidarités (Propos recueillis par Elodie Vialle)

    "2015 sera l'année du développement durable"

    Youphil.com: En quoi consiste Ecocity?

    Ronan Dantec: Ecocity, c'est le sommet mondial de la ville durable. C'est le moment, tous les deux ans, où l'ensemble des acteurs mondiaux (les élus, les grandes entreprises, les scientifiques, etc.) se regroupent pour échanger sur les défis de la ville durable et connaître les dernières découvertes pour accélérer le changement.


    En quoi les villes sont-elles des acteurs du développement durable?

    La moitié de la population mondiale est urbaine, et 70% des émissions de gaz à effet de serre sont produites dans les villes. Si on veut répondre quantitativement aux grands enjeux du développement durable (climat, biodiversité, enjeux sociaux), cela se passe dans les villes.

    Les grands textes internationaux le disent clairement: il faut organiser la ville pour qu'elle réduise ses émissions de gaz à effets de serre, son alimentation car elle réduit considérablement l'espace agricole pour se nourrir et gaspille beaucoup la terre. On a aujourd'hui besoin d'une ville qui se pose la question de sa responsabilité, qui s'organise autrement.


    Quelles sont les villes en avance? Quels exemples pourriez-vous donner?

    La ville de Copenhague avec laquelle nous travaillons depuis des années a aujourd'hui l'objectif d'être neutre en carbone. Cela passe par une mobilité où le vélo joue un rôle essentiel, mais aussi un investissement très fort dans l'éolien marin par exemple.


    Ces choix peuvent-ils être appliqués dans d'autres villes, comme Nantes?

    Nantes est capitale verte de l'Europe. Nous avons un plan climat avec un objectif de moins 35% d'émissions de carbone en 2020 -donc bien plus que les objectifs européens- et pour l'instant nous tenons nos objectifs.

    Les émissions de CO2 diminuent dans la ville. La part du déplacement automobile baisse rapidement grâce à une politique très volontariste sur les transports en commun depuis une trentaine d'années, mais aussi une "politique vélo" qui commence à porter ses fruits.

    Nous sommes également très investis dans la biodiversité puisque nous avons un classement Natura 2000 en centre urbain. Pratiquement personne ne l'a fait, pas seulement en France, mais aussi en Europe.

    Il y aussi des exemples dans les villes chinoises, ou aux Etats Unis. A Seattle par exemple, le transport public est gratuit dans l'hypercentre. C'est une ville qui travaille fortement sur son alimentation en eau.


    Moins 35% d'émissions de gaz à effet de serre pour Nantes en 2020... Est-ce tenable si l'on construit un aéroport?

    Ce projet n'est pas sur le territoire de l'agglomération, et ne faisait donc pas partie de l'évaluation Nantes capitale verte.

    C'est un débat vif à Nantes, et tout le monde connaît mon opposition au projet. Le sommet mondial d'Ecocity est là pour confronter ces différentes visions. Même s'il y a cette opposition forte entre nous sur ce projet d'aéroport, on est d'accord sur le fait qu'on doit assumer notre part de responsabilité globale sur le climat. Il y aura à Ecocity des partisans du pour et du contre.


    Vous dites que le financement est l'un des points les plus importants. Avez-vous des exemples de ce qui pourrait fonctionner?

    L'un des enjeux sur le financement est de savoir comment on va utiliser tous les fonds des grands accords internationaux: le fonds vert décidé à Copenhague, le fonds d'adaptation qui se précise depuis Durban [novembre 2011]. L'affectation des taxations sur les transactions financières, peut-être demain de nouvelles taxes carbones en France, en Europe ou dans le monde. Ces flux doivent être organisés pour être alloués à des villes qui vont mettre en place des modèles de développement durable sur le plan environnemental et social.

    Nous devons aussi réfléchir à des actions sur le climat certifiables dans les systèmes onusiens, afin de faciliter leur accès à des financements.

    Autre question: les grandes entreprises ont-elles les nouveaux cadres financiers cohérents pour intervenir dans les villes du Sud, fournir un service de qualité, mais aussi trouver un modèle économique pour permettre de financer l'investissement? Certains ont cru au partenariat public-privé au-delà du raisonnable, après Johannesbourg.

    Nous essaierons de voir où nous en sommes, dix ans après.
    Nous parlerons aussi, entre autres, des technologies liées au portable: comment les utiliser pour trouver des financements afin de renforcer l'accès à l'eau potable?


    Plusieurs acteurs (privés, publics, société civile) participent à Ecocity. Mais la construction des villes durables ne relève-t-elle pas avant tout de la commande publique?

    Il y a un enjeu majeur de l'action politique, et derrière, de la commande publique. Aujourd'hui, les règles d'urbanisme ne permettent pas, par exemple, de lutter efficacement contre l'étalement urbain.

    Au-delà de la commande publique, c'est aussi la mobilisation de l'ensemble des acteurs et la mise en cohérence d'une vision partagée de la ville qui est essentielle.

    Si on a juste la décision politique, mais qu'elle ne s'appuie pas sur des acteurs mobilisés, on n'y arrivera pas. On n'est pas dans un monde ou seul le politique décide. S'il ne décide pas, cela ne marche pas. S'il décide seul, cela ne marche pas non plus.


    Cette rencontre s'inscrit dans un contexte international de débats sur le climat... quelles seront les prochaines étapes?

    Nous allons notamment présenter la feuille de route mondiale des collectivités jusqu'à Paris 2015. Ecocity s'inscrit dans un calendrier international: l'année 2015, avec la conférence Climat et les discussions sur les Objectifs du millénaire pour le développement, sera l'année la plus importante pour le développement durable, depuis le sommet de Rio en 1992.


    Tous ces colloques internationaux où les gens passent leur temps dans l'avion pour venir discuter du climat et du réchauffement climatique, n'est-ce pas un peu problématique?

    Non, il faut que les gens se rencontrent, et on ne fera jamais une vidéo conférence vidéo à 3000. L'important est que ces colloques servent à quelque chose, qu'il ne s'agisse pas de refaire le monde en cercle clos, dégagés des agendas internationaux.

    Ronan Dantec est sénateur écologiste de Loire-Atlantique, vice-président de la commission développement durable du Sénat, conseiller municipal de Nantes, président du comité d'orientation d'Ecocity, sommet mondial des villes durables.

     

  • 30 mars 2016. #‎Climat‬ : les propositions de la France après la COP 21.

    Retrouvez à cette page la vidéo de la table ronde organisée par l'Assemblée nationale, à laquelle participait Ronan Dantec aujourd'hui.

    La video ici

  • décembre 2016 - mai 2017 : Ronan Dantec est rapporteur de la commission d'enquête sur la compensation des atteintes à la biodiversité dans le cadre des grands projets

    Un travail de fond pour rendre plus efficace l'application de la séquence Eviter Réduire Compenser dans les grands projets d'infrastructures

    Ronan Dantec était rapporteur de la commission d'enquête sur la compensation des atteintes à la biodiversité dans le cadre des grands projets d'infrastructures. Cette commission d'enquête avait été initiée par le groupe écologiste (c'est un droit des groupes parlementaires de pouvoir créer une telle instance une fois par an). Ce travail de 6 mois vient de s'achever avec un rapport adopté de façon consensuelle après un long travail de conviction, la majorité de droite pouvant à tout moment rejeter le rapport et ainsi interdire la publication de l’ensemble des analyses et des conclusions.

    Avec 135 personnes auditionnées (scientifiques, associations, juristes, élus, représentants de l'Etat) et 4 déplacements (Notre Dame des Landes, chantier de la LGV Tours-Bordeaux, autoroute A65, réserve de la Crau), cette commission formule 35 propositions pour sécuriser la compensation écologique qui ne doit pas être un droit à détruire. Au contraire, le rapport, consultable en ligne sur le site du Sénat, propose des pistes concrètes pour prévenir les destructions de biodiversité, en cherchant réellement à éviter les atteintes, puis en tentant de les réduire, avant de compenser, en dernier lieu seulement les destructions du patrimoine naturel qui n'auront pu être ni évitées ni réduites. C'est un important changement d'ordre des priorités pour les grands projets qui est ainsi recommandé car pour l'instant, l'intérêt public d'un projet est déclaré sans prise en compte des dommages à l'environnement, et ce n'est qu'ensuite que les éventuelles dégradations de l'environnement sont examinées.

    Plus précisément, parmi les propositions clés de la commission d'enquête, soulignons : les compensations doivent s'appuyer sur un consensus scientifique ; l'étude d'impact doit intégrer l'enjeu biodiversité et le maître d'ouvrage répondre sur ces enjeux dans l'enquête publique ; l'application de la séquence ERC a en particulier pour objectif la réduction de la perte de terres agricoles ; la mise en œuvre de la compensation devrait être transparente notamment sur le plan financier.

    Cette commission d'enquête intervient dans le cadre de la réflexion actuelle sur la prise en compte de la biodiversité dans les grands projets suite à la loi biodiversité de 2016, qui a amélioré l'encadrement juridique de la compensation écologique, et amené de nouvelles exigences telles que l'obligation de résultat sur les mesures engagées et l'obligation d'abandonner un projet si les destructions de l'environnement ne peuvent pas être compensées.

    Cette commission d'enquête se situe donc le prolongement du travail législatif de Ronan Dantec sur la loi biodiversité avec de nombreux amendements gagnés pour faire passer l'environnement et la biodiversité au premier plan au moment de la prise de décision sur les projets d'aménagement et durcir les conditions de la compensation écologique (obligation de résultat, imposer des mesures correctives en cas d'échec des mesures compensatoires prévues initialement, possibilité d'imposer des garanties financières liées à la mise en oeuvre des mesures compensatoires...).

     

    De nouveaux éléments pour une remise à plat du projet d'aéroport à Notre Dame des Landes

    Les nombreuses auditions sur le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes ont démontré que la compensation écologique est extrêmement difficile à réaliser dans ce projet. Comme il l'a toujours dit et fait sur ce dossier, Ronan Dantec considère que ce n'est qu'en remettant à plat les différentes données scientifiques, techniques et politiques que le blocage sur ce projet pourra être levé. La commission d'enquête ayant auditionné l’ensemble des acteurs de ce projet (préfet, syndicat mixte aéroportuaire, AGO-Vinci, commission du dialogue, collège des experts scientifiques, syndicats agricoles, bureaux d'étude, CGEDD, opposants historiques), les éléments exposés devant cette commission d'enquête sont de nature à contribuer à la remise à plat du projet au regard de témoignages recueillis, comme l'absence aujourd'hui de validation scientifique de la méthode de compensation choisie.

     

    Plus d'informations en cliquant sur les liens suivants :


    Le rapport en ligne : Compensation des atteintes à la biodiversité : construire le consensus
    La synthèse en 4 pages

    La liste des 35 propositions
    L'infographie sur les propositions clé de la commission d'enquête

    Les compte-rendus d'audition : écrit ou vidéo

    Et quelques retours presse : dans Le Monde, dépêche AEF, l'Humanité, Le Moniteur, Actu-environnement

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