Ronan Dantec a interrogé Benjamin Griveaux, Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement.

Il regrette la non réponse du Gouvernement sur une question précise: " Pourtant si nous voulons régler dans la durée ces questions d’'accueil, il faut que l’État assume sa part de responsabilité financière ce qui inciterait également d'autres territoires, en France, à se mobiliser pour une gestion durable d'un flux de migrants en nombre bien moins important que ne le disent les discours populistes."

 

Le prononcé est à retrouver ci-dessous:

Ma question s’adresse à Monsieur le Secrétaire d’État.

Pendant tout l’été 2018, la ville de Nantes, s’est retrouvée confrontée à l’existence d’un camp de migrants de plusieurs centaines de personnes en plein centre-ville. Les conditions indignes dans lesquels ont vécu ces personnes dans un camp insalubre auront de nouveau montré notre incapacité à gérer collectivement les situations migratoires, sources de tous les fantasmes et récupérations politiques les plus infâmes. Nous ne sommes pourtant en rien en face d’une invasion puisque les entrées illégales en Europe, dans toute l’Europe, seront cette année, d’après les estimations qui viennent d’être publiés par Frontex, de moins de 130 000 personnes. 130 000 pour 511 millions d’habitants en Europe, soit 0.025 % de la population européenne. A ce rythme l’invasion mettra au moins 4000 ans à se préciser !

Ces situations indignes en plein cœur de nos villes, fragilisent pourtant nos valeurs humanistes, nous habituent peu à peu, insidieusement, à tolérer l’intolérable.

Et justement, de nombreux élus de Loire-Atlantique ont décidé de relever le défi et de ne pas s’en accommoder plus longtemps.

Ainsi la ville de Nantes a, vous le savez, mobilisé des moyens considérables, jusqu’à 5 gymnases pour loger plus correctement ces personnes, en mobilisant ses services pour les accompagnements administratifs. Ensuite, et c’est particulièrement à souligner, des élus de toute la Loire-Atlantique se sont déclarés prêts à accueillir des réfugiés ayant obtenu le statut, ce qui soulagerait des CADA engorgés, où auraient dû être justement accueilli les demandeurs d’asile. C’est une vraie solution de long terme qui est portée par ces élus de toutes sensibilités et notamment de droite. Or aujourd’hui, c’est la ville de Nantes, seule, qui assure le coût financier de cet accueil en s’appuyant sur les nombreuses communes qui se sont portées volontaires. L’Etat ne finance en rien ces accueils et ne respecte ainsi pas la directive européenne de 2013 sur les conditions d’accueil, pourtant transposée en droit français.

Une question simple donc, monsieur le secrétaire d’État.

Pourquoi l’État refuse d’intervenir financièrement en soutien aux communes d’accueil ? Et cette position peut-elle évoluer ?